Réjouis-toi, Jérusalem ; et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez.
Ainsi commence l’introït du quatrième dimanche du Carême qui se célèbre, dans la tradition si chère au Souverain Pontife, en rose… le violet, couleur liturgique de la pénitence, ne convenant guère à se réjouir ! C’est donc paré d’une ample chasuble d’un rose subtil que Benoit XVI a célébrer ce dimanche 22 mars et a invité les fidèles rassemblés à se réjouir de l’Amour de Dieu : « Laetare… ». En temps de carême, lors même que Benoit « très étroit » venait de condamner à la mort les personnes séropositives qui luttent quotidiennement pour survivre malgré la maladie, vêtu de rose, robe au vent, il invitait à la joie de l’Amour ! Comment parvenir à anticiper la joie de Pâques et exalter la plénitude d’amour du tombeau vide quand, froidement, lors même qu’une effroyable pandémie tue sans répits et invalide l’avenir de populations entières… surtout quand, du haut de sa superbe, celui qui s’annonce vicaire du Christ interdit d’user du seul moyen efficace pour endiguer la progression de la mortelle contagion ? Dogmatiquement, personne n’osera opposer au pape qu’il s’égare puisqu’il est le gardien du Dogme ; Théologiquement, d’aucuns pourraient commencer à élever leurs voix pour construire un discours moins dogmatique et plus à l’écoute d’une réalité vécue par des millions de personnes… parmi lesquelles de nombreux chrétiens, de toutes confessions, qui vivent leur foi quand bien même ils trouvent difficilement une place – reconnue – dans leurs églises ; Pastoralement, tous devraient crier au scandale d’une parole sans concession ni compréhension pour la souffrance physique, l’accablement moral et l’exclusion sociétale, voire familiale, que subissent ces millions d’enfants de Dieu, aimés de Lui et pour lesquels Christ est mort et ressuscité comme pour toutes les femmes et tous les hommes, quelle que soit leur sexualité. Le dogmatisme (et il n’est pas toujours que religieux), surtout quand il flatte les extrémismes les plus radicaux, pousse à l’intégrisme, promeut insidieusement la haine, porte fatalement un jugement et inspire la plus grande hypocrisie. Il est grand temps que les chrétiens se mobilisent. Qui ? Toutes celles et tous ceux qui ne se reconnaissent pas les discours cléricaux, celles et ceux qui ne trouvent pas leur place dans les structures ecclésiastiques, celles et ceux qui lisent autrement le message du Christ et refusent que l’autre puisse être exclu en son Nom. Oui, le message du Christ est un message d’amour universel et de fraternité ; non, Jésus n’enseigne pas que l’autre, toujours différent, doit être jugé pour ce qu’il est ou ce qu’il fait. « Dieu aime qui je suis », et j’ai l’assurance que ma sexualité n’y change rien ! Eric
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