"Et vous, qui dites-vous que je suis ?"
Depuis deux mille ans, on se demande qui est réellement Jésus. La majorité des historiens admet aujourd'hui l'existence de cet homme, en s'appuyant sur des témoignages qui se recoupent : les Evangiles canoniques et les Actes des Apôtres, les écrits apocryphes, des sources latines (Pline), juives (Flavius Joseph). Plus récemment, l'apport des manuscrits de la mer Morte, découverts à Qumrâm en 1947, et l'archéologie confortent de plus en plus la véracité de l'existence de Jésus.
Jésus, léshoua'bèn losseph est né vers -6, -4 à Bethléem, en Judée. Sa généalogie qui remonte à David par son père, Joseph, est attestée par les "évangiles de l'enfance" de Matthieu et de Luc. Sa naissance est "virginale" et "divine" : elle confirme une prédiction de l'Ancien Testament selon laquelle " [...] la vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'Emmanuel" (Mt, I, 23). Or les Juifs attendaient depuis des siècles un messie de la race de David qui devait naître en ce lieu.
La situation religieuse et politique à l'époque de Jésus
Un pays divisé
Plusieurs sectes religieuses s'opposent. Les docteurs de la Loi, les scribes et les prêtres dirigent le Temple de Jérusalem qui est un saint lieu et le véritable pôle religieux, économique et politique du peuple d'Israël. C'est également le siège du sanhédrin, la haute cour de justice. Les sadducéens y règnent sans partage, constituant une véritable caste, riche des revenus des sacrifices. Les scribes et les prêtres, eux, se regroupent chez les pharisiens, des puristes intransigeants instruits de l'enseignement de la Thora. Les esséniens, en rupture avec la religion officielle du Temple, vivent en communauté dans le travail, la prière et la purification permanente à Qumrâm, dans le désert de Judée. Des prédicateurs que l'on appelle aussi les prophètes "apocalyptiques", tel Jean le Baptiste, parcourent le pays en prêchant la pénitence et la purification. Les synagogues, où les textes sacrés sont lus et commentés en hébreu par des laïcs, sont répandues dans tout le pays. C'est là que Jésus acquiert une grande connaissance des Ecritures : "Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait, et il se remplissait de sagesse." (Luc, II, 40).
Un pays occupé par les païens
Le pays, occupé par Rome, est gouverné par Hérode le Grand et Jérusalem est directement administrée par les Romains. En l'an 6, l'empereur Auguste décrète la Judée province romaine. La Galilée connaît une révolte menée par Judas le Galiléen et Saddoq, un pharisien. Le joug romain pèse de plus en plus lourd et l'espérance du peuple juif en la venue d'un messie s'exacerbe. Pour les pharisiens, la libération ne peut venir qu'avec le retour à la pratique des Ecritures et à l'observance la plus stricte de la Loi de Moïse. D'autres, comme Jean le Baptiste, annoncent qu'Iil faut se préparer à l'avènement de temps nouveaux, car, disent-ils, la fin de ce monde est proche.
Jean le Baptiste ou le prophète des derniers temps
"Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe" (Jean, I, 23). Jean exhorte ses auditeurs à faire pénitence ; Il leur annonce le jugement prochain de Dieu et la venue de temps nouveaux. Il attire de plus en plus de monde, ce qui inquiète les docteurs de la Loi et les prêtres. Il dit : "[...] mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales." (Luc, II, 16). Jésus vient à Jean et il lui demande de le baptiser. L'Esprit-Saint descend alors sur Jésus. Jean dit : "Voici l'agneau de Dieu, il enlève le péché du monde." (Jean, I, 29). Toutefois, le message de Jésus divergera des prédictions fulminantes de Jean dont les critiques du pouvoir politique et religieux lui vaudront d'être condamné et décapité sur l'ordre d'Hérode.
Des paroles et des actes nouveaux
Après son baptême, Jésus se retire pendant quarante jours dans le désert pour jeûner et prier. Il est tenté dans sa chair et dans son esprit par Satan. Mais il lutte et sort vainqueur de cette épreuve qu'il a choisit. Son enseignement débute alors en Galilée. "Comme il passait sur le bord de la mer de Galilée, il vit Simon et André [...] qui jetaient l'épervier (le filet) dans la mer [...]. Et Jésus leur dit : Venez à ma suite et je vous ferai devenir des pêcheurs d'hommes." (Marc, I, 16-17). Jésus entraîne dans son sillage les premiers diciples qui abandonnent tout pour le suivre. Ils seront au départ douze apôtres suivis bientôt par d'autres dont des femmes, nombreuses dans les Evangiles, dernières à rester au pied de la croix et les premières devant le tombeau vide, au matin de la Résurrection. Toutes et tous suivront Jésus, menant une vie simple et au service des autres. Le Rabbi (le Maître) se rend en Samarie et en Judée, loin de la Jérusalem orthodoxe. Il s'adresse au peuple, aux démunis, aux exclus par le pouvoir politique et religieux. Il parle l'araméen, la langue populaire, boit du vin, mange de la viande, sans suivre les rites de purification et les prescriptions du clergé officiel. Il sera accusé d'être "un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs" (Matthieu, XI, 19).
Vers l'accomplissement
" [...] si le grain ne meurt pas, il demeure seul ; mais s'il meurt, il portera beaucoup de fruit" (Jean, XII, 24).
Jésus est chargé du patibulum (traverse de bois destinée à être attachée sur un pieu fiché en terre pour former une croix). Du prétoire où il a été jugé, il suit les ruelles étroites et tortueuses de Jérusalem, jusqu'au Golgotha (lieu dit "du crâne", Calvaria en latin). Il faut que la foule qui est là le voie, pour l'exemple. Sur le parcours, Simon de Cyrène est réquisitionné pour aider Jésus à porter sa croix. Arrivé au Calvaire, le condamné est dépouillé de ses vêtements (ultime humiliation) et crucifié sous les cris, les sarcasmes et les provocations de la foule. Au pied de la croix se tient Marie (la Mater dolorosa) et Jean, le bien-aimé, atterrés et silencieux. Jésus dit à sa mère : "Femme, voici ton fils" et à Jean : "Voici ta mère" (Jean, XIX, 26-27). Avant de mourir Jésus pousse un cri : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (Matthieu, XXVII, 46 ; Marc, XV, 34). puis il dit encore : "Tout est achevé" (Jean, XIX, 30) ce qui signifie que les Ecritures sont accomplies, puis, baisant la t^te, il expire. Un centurion s'exclamera à cet instant: "Vraiment cet homme était le fils de Dieu !" (Marc, XV, 39). C'était le 7 avril de l'an 30, sous le règne du roi Tibère.
Tout est fini, semble-t-il. Les disciples effrayés disparaissent ; Ils se cachent par peur des représailles. Le désespoir les envahi. Ils doutent près avoir suivi ce messie qui est resté impuissant devant la folie des hommes. Seules les femmes, et notamment Marie Madeleine la pécheresse repentie, ont le courage et la foi d'aller jusqu'au tombeau, le troisième jour, avec des parfums et des aromates. Non seulement elles trouvent le tombeau vide, mais voilà que Jésus lui-même leur apparaît ! Lorsqu'elles disent à Pierre et à Jean qu'elles ont vu Jésus, ceux-ci se précipitent au tombeau et ils constatent que le corps de Jésus a effectivement disparu. Le Christ dans son corps réssuscité apparaît alors à ses disciples, y compris à Thomas l'incrédule ; et aussi, bien plus tard, sur la route de Damas, à Paul, qui écrit : "Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir [...] qu'il (le Christ) a été mis au tombeau, et qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux douze. [...] Et , en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton" (1 Corinthiens, XV, 3-8).
"Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu" (Jean, I, 1). "Et le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous [...]" (Jean, I, 14). Cette déclaration de foi "théologique" vient confirmer ce que Jésus a dit : " [...] avant quAbraham existât, j'étais" (Jean, XIII, 58).
Alors, qui était Jésus le Nazaréen ?
Jésus (qui signifie en hébreu "Dieu sauve") ne s'est attribué aucun titre de lui-même, sauf celui de "Fils de l'homme". Il demande même "Qui suis-je, au dire des gens ?" (Marc, VIII, 27). Pierre lui répond : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" (Matthieu, XVI, 16). A Pierre qui souhaite préserver son maître des souffrances qui l'attendent, Jésus réplique : "Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes" (Marc, VIII, 33). Caïphe demande : "Tu es le Christ, le Fils du Béni ?" Jésus lui répond : "Je le suis" (Marc, XIV, 61-62). Pilate l'interroge : "Es-tu le roi des Juifs ?" Et Jésus de dire "C'est toi qui le dis !" (Marc, XV, 2).
Le titre de Fils de Dieu ne pouvait s'appliquer à l'époque qu'à David ou à un de ses descendants. Jésus ne s'estb jamais attribué ce titre mais il s'est comporté comme les écritures avaient prédit que le Fils de Dieu se comporterait. Jésus appelle Dieu "ABBA" (ce qui signifie "Papa" en araméen). Il dit : "Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connait le Fils si ce n'est le Père [...]" (Matthieu, XI, 27). Lorsqu'il émerge de l'eau du baptême, une voix venue du ciel dit : "Celui-ci est mon Fls bien-aimé [...]" (Matthieu, III, 17). Lors de la transfiguration sur la montagne entre Moïse et Elie, Dieu dit : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé [...], écoutez-le" (Matthieu, XVII, 5). Pour Thomas l'incrédule, il est devenu "Mon Seigneur et mon Dieu" (Jean, XX, 28).
Pour ses disciples et les croyants, Jésus est le Rédempteur et il est le fils de David ; il est le Messie attendu, né pauvre dans une mangeoire ; il est le Fils de Dieu offert en sacrifice pour le rachat de la multitude des femmes et des hommes ; il est venu nous enseigner l'amour de Dieu et nous montrer comment nous pouvons vivre en paix dans l'amour de note prochain.
L'Esprit-Saint c'est l'Esprit de Dieu ; il est descendu sur les apôtres, le jour de la Pentecôte, pour les éclairer et les fortifier, effaçant toute trace de leur désespoir et de leur incrédulité. Les premiers chrétiens ont fondés plusieurs "Eglises" parmi lesquelles ont compte aujourd'hui notamment l'église catholique romaine, les églises protestantes, les églises orthodoxes mais aussi bien d'autres communautés de croyantes et de croyants que l'on peut dénombrer au sein des églises anglicanes ou américaines parmi lesquelles on peut remarquer notamment les églises oecuméniques métropolitaines (MCC). L'essentiel étant pour chacune et chacun des chrétiens qui reconnait le Christ comme le Sauveur de l'humanité de pouvoir témoigner de l'amour inconditionnel de Dieu pour chacune et chacun.
